21 Fév Luxation de l’épaule : peut-on bouger le bras ?
La luxation de l’épaule apparait comme une blessure relativement fréquente chez les sportifs. Ces derniers veulent pouvoir la reconnaître rapidement, afin de permettre une réduction de la luxation rapide, supposant de bien connaître les signes cliniques : peut-on ou pas bouger le bras avec une épaule déboîtée ?
Luxation de l’épaule et sub-luxation : quelle différence sur le mouvement du bras ?
L’articulation de l’épaule se caractérise par une triple composante (humérus du bras, omoplate et clavicule). Elle peut se mobiliser en 3 dimensions, expliquant sa relative vulnérabilité en cas de traumatismes important ou de micro-traumatismes répétés.
Dans la luxation de l’épaule, le déboîtement de l’épaule entraîne une perte de congruence des surfaces articulaires :
- Dans la luxation antéro-interne, la plus fréquente, la tête de l’humérus (sphérique) se déplace en avant de la cavité glénoïde de l’omoplate (concave) ; la luxation postérieure est bien plus rare ;
- Dans la luxation acromio-claviculaire, la clavicule est déplacée par rapport à l’omoplate, au niveau de l’acromion.
Cette luxation aiguë reste le plus souvent traumatique, dans le cadre d’une activité sportive (sport de contact) ou d’un trauma violent (chute, accident…).
Elle s’accompagne d’une atteinte plus ou moins importante des structures stabilisatrices de l’épaule, comme la capsule articulaire, le bourrelet glénoïdal, les tendons de la coiffe des rotateurs…
Dans la sub-luxation de l’épaule, la tête humérale tend à sortir spontanément de la glène de l’omoplate, et à se repositionner seule. Cette subluxation articulaire se manifeste alors par une instabilité de l’épaule, avec une sensation de ressaut ou de claquement. Cette pathologie de l’épaule tend à user prématurément les cartilages articulaires, d’où une évolution fréquente vers l’omarthrose. Le patient perd alors en amplitude articulaire, avec un mouvement du bras réduit.
Reconnaître une luxation de l’épaule : signes physiques et fonctionnels
Dans le cas d’une luxation de l’épaule, la survenue brutale des symptômes et les signes physiques permettent généralement de poser un diagnostic rapide : l’épaule déboîtée apparait déformée par le déplacement de la tête humérale, avec de nets signes inflammatoires (rougeur, chaleur, douleur, tuméfaction, hématome fréquent…). Il est généralement impossible de bouger le bras sur une luxation de l’épaule, pour deux raisons :
- Une cause mécanique, car la perte de la congruence articulaire empêche toute mobilité de l’articulation du haut de l’humérus ;
- Une cause inflammatoire, car la luxation de l’épaule s’accompagne généralement d’une douleur intense et importante, empêchant de bouger le bras.
Dans tous les cas, la prise en charge d’une épaule luxée doit être rapide, pour confirmer le diagnostic (radiographie, arthroscanner, IRM…). cette rapidité permet au chirurgie spécialiste d’effectuer au plus vite une réduction de la luxation.
Le fait de pouvoir bouger le bras ne permet toutefois pas d’exclure avec certitude une luxation de l’épaule. C’est le cas notamment pour une luxation acromio-claviculaire de stade 1 et 2, ou d’une sub-luxation de l’épaule avec un déplacement modéré spontanément réductible.
La faible inflammation rencontrée sur des luxations modérées ou des processus chroniques peut rendre la douleur légère sur une épaule déboîtée, permettant au patient de mobiliser son bras en fonction de son niveau de sensibilité.
C’est pourquoi toute lésion du haut du bras doit être vue par un chirurgien orthopédique spécialiste de l’épaule. Un test d’instabilité de l’épaule permet de confirmer ou d’infirmer une possible luxation aiguë ou chronique. Impossible d’exclure à 100% une luxation de l’épaule si le patient peut encore bouger un peu son bras.