21 Juin Rhizarthrose avec pincement de l’interligne : qu’est-ce-que c’est ?
L’arthrose du pouce ou rhizarthrose évolue sous une forme chronique, souvent sur plusieurs mois ou plusieurs années. Que faire quand le spécialiste de la rhizarthrose évoque un pincement de l’interligne articulaire ?
Arthrose du pouce : comment se fait le diagnostic radiologique ?
Comme toute arthrose, la rhizarthrose se définit comme un processif dégénératif du cartilage articulaire, qui se détruit progressivement : le frottement des embouts osseux aboutit à une réaction inflammatoire de l’os, avec formation d’un tissu prolifératif appelé ostéophytes. Ces mécanismes expliquent les deux principaux signes cliniques de l’arthrose : la douleur et la baisse d’amplitude articulaire. La rhizarthrose du pouce touche plus spécifiquement la base du doigt, sur l’articulation trapézo-métacarpienne TMC : le trapèze est un petit os cubique du poignet tandis que le métacarpe 1 est l’os de la main prolongé par le pouce.
Le diagnostic de l’arthrose se fait en première intention par radiographie. Cet examen radiologique du pouce peut sembler paradoxal, car les rayons X permettent de visualiser le tissu osseux, suffisamment dense, mais en aucun le cartilage articulaire : ce dernier est dit radio-transparent.
C’est pourquoi le premier signe radiologique d’arthrose du pouce se traduit par un pincement de l’interligne articulaire trapézo-métacarpienne. La destruction du cartilage articulaire n’est pas visible puisque les rayons X le traversent, mais le radiologue ou le chirurgien orthopédique spécialiste de la main notent un rapprochement des embouts osseux avec diminution de l’interligne articulaire où devrait normalement se situer le cartilage.
Rhizarthrose de stade 1, qu’est-ce que c’est ?
L’arthrose du pouce reste une maladie chronique et dégénérative, évoluant sur des mois voire des années, avec aggravation progressive des signes cliniques et des signes radiologiques. Il existe différentes classifications définissant le stade d’arthrose du pouce, l’objectif étant d’aider à choisir la meilleure prise en charge.
La classification de Dell distingue ainsi 4 stades de rhizarthrose, s’appuyant avant tout sur l’étendue des lésions radiologiques :
- La rhizarthrose de stade 1 se caractérise par un simple pincement de l’interligne articulaire, sans ostéophyte ni subluxation du pouce ;
- L’arthrose du pouce de stade 2 montre légère subluxation digitale avec début d’ostéophytose ;
- La rhizarthrose de stade III montre plusieurs lésions d’ostéophytose, avec un pincement majeur de l’interligne articulaire qui semble disparaître ;
- L’arthrose du pouce de stade 4 montre une destruction totale de l’interligne articulaire, avec géodes osseuses (déminéralisation ) et nombreux ostéophytes en « becs de perroquet » ou « chapeau de gendarme ».
La rhizarthrose de stade 1 reste donc une arthrose débutante où les signes cliniques sont légers. Il existe une ankylose modérée et de petites douleurs, souvent soulagées par des exercices pour le pouce. L’arthrose du pouce bilatérale est possible, mais elle est plus souvent unilatérale. Le principal critère diagnostic reste le pincement articulaire débutant, expliquant pourquoi il faut faire appel à un spécialiste de la main expert et renommé pour ne pas passer à côté.
En effet, le traitement naturel d’une arthrose du pouce par kinésithérapie sera d’autant plus efficace et durable qu’il débute de manière précoce : repérer les premiers signes radiologiques de rhizarthrose par le pincement de l’interligne permet donc de retarder une éventuelle chirurgie de la main et du pouce.